Pour les jeunes du Parti de Gauche, « c'est Front contre Front » !

Publié le par Batiste

En conclusion d'une série d'articles sur les jeunes militants politiques bisontins, L'Est Républicain a ouvert ses colonnes à quatre militant(e)s du Parti de Gauche. Je reproduis ici l'article de Yves Andrikian, publié  le jeudi 9 février 2012. Bien qu'il résume très bien nos propos, je me permets de rajouter en dessous  quelques précisions que le journaliste, contraint de faire des choix, n'a pu intégrer à son article. Je précise au passage que j'approuve totalement les choix effectués par M. Andrikian, qui a bien fait de privilégier le fond aux détails évoqués ici. Parvenir à résumer notre long entretien en aussi peu de signes, d'une façon aussi complète, ce n'était pas gagné d'avance... Et si je n'hésite pas à critiquer des journalistes lorsque j'estime qu'ils ont manqué à leurs devoirs, je trouve important de montrer que certains effectuent leur travail de façon consciencieuse.

 

 

 

 Jeunes du Parti de Gauche : « C'est front contre front »

 

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« On serait volontiers au PS s'il défendait un programme de gauche ». Photo Arnaud CASTAGNE

 

TROIS ANS d'existence, leur parti est tout neuf et eux, militants du parti de gauche de Mélenchon, sont jeunes. Ils peuvent avoir milité à Attac comme Benoît Maillard-Salin, 26 ans, animateur socio-éducatif, mais souvent, ils se sont naturellement reconnus en parfait accord avec la volonté politique de construire un front uni de gauche antilibérale : « On est banalement de gauche alors que la social-démocratie, le PS, est une gauche qui a abandonné le peuple. La défense des acquis sociaux, de la retraite à 60 ans, des services publics, c'est la gauche, c'est nous ».

 

Aurélie Vaudour, 24 ans, psychologue du travail en recherche d'emploi, Matthieu Reymond 29 ans, professeur des sciences de la vie et de la terre, Batiste Gerardin, 25 ans, en Capes d'histoire-géo et Benoît Maillard-Salin sont membres du parti de gauche mais leur identité est le front de gauche au sein duquel ils sont main dans la main avec les communistes. Actuellement, ils sont à plein dans la campagne : « On se bat comme des chiens au regard de la dynamique enclenchée et de la popularité du candidat. On va au devant des gens, on va les chercher dans les bars, les lieux publics, on fait du porte à porte. On organise des assemblées citoyennes pour insuffler la discussion, on part des préoccupations des gens ».

 

S'ils tapent contre la finance, tous ont le double objectif de montrer la différence avec les socialistes et de faire prendre conscience de l'imposture sociale du FN. « On prône de vraies réformes, le salaire maximal, le Smic à 1700 brut, quatorze tranches d'impôt., on a une vraie spécificité sur ces thèmes. Notre programme est clair, on ne trompe pas les gens, notre radicalité est concrète et réaliste », souligne Benoît. Le rejet de Sarkozy est patent mais comme le dit Mathieu, « il faut dépasser la logique anti-Sarko avec la mise en œuvre d'un vrai programme de gauche qui défend le peuple. Partout en Europe où les sociaux-démocrates ont perdu le pouvoir, ils l'ont laissé une droite plus dure que celle qu'ils avaient battue. Eux sont pour une alternance, nous une alternative ».

 

Tordre les idées reçues

 

Ils l'affirment avec le sourire, ils n'ont rien contre les riches dès lors qu'ils payent leurs impôts. Et ils le clament, Marine Le Pen est la candidate des riches : « Elle est opposée au revenu maximum et favorable à la suppression de l'impôt sur la fortune ». Ils n'ont guère aimé le dessin de Plantu renvoyant dos à dos le populisme de Le Pen et de Mélenchon : « On mène la bataille idéologique, c'est une fierté de décentrer les gens trompés par le FN et de leur proposer des arguments à opposer au FN alors que d'autres s'alignent sur leurs thèses, c'est front contre front ». S'ils s'astreignent à déglinguer un par un les assertions de Marine Le Pen, ils veulent pareillement « tordre le cou aux idées reçues » sur le temps de travail, l'âge et le financement des retraites, les privilèges des fonctionnaires ou la taxation des riches qui serait un non-sens économique.

 

Ecologie, socialisme, république, tel est leur triptyque : « Le capitalisme n'est pas compatible avec l'écologie, il faut remettre en cause la production industrielle et l'agriculture intensive. La redevance incitative sur les déchets, c'est la culpabilisation des consommateurs qui ne sont pour rien dans l'abondance des emballages ». Prochainement, ils vont organiser « des écoutes collectives, on s'installe dans un bar, une MJC, un appart, on diffuse un meeting de Mélenchon, on suscite la discussion pour avoir le ressenti des gens ». Une façon de faire comprendre que « luttes sociales et politiques sont complémentaires, que la politique donne une traduction à la réalité quotidienne et sociale ». Aurélie, Benoît, Mathieu, Batiste savent qu'ils devront faire un choix au second tour : « Si Hollande est clairement pour la retraite à 60 ans, le salaire maximal, la sortie du traité de Lisbonne, oui. S'il continue à faire le grand écart entre la droite sociale et la gauche, ce sera un bulletin blanc », résume Benoît. Mathieu ajoute : « On serait volontiers au PS s'il défendait un programme de gauche ».
 

Yves ANDRIKIAN

 

 

 

http://lesitedumexicain.free.fr/blog/jeunesPG/jeunes_PG_mini.pngScan de l'article : cliquer sur l'image pour l'agrandir.

 

 


 

 

 

Les petites précisions que je souhaite faire portent sur le rôle joué par les jeunes en politique. Dans notre département, où le PG comporte tout de même une centaine d'adhérents, nous avons fait le choix de ne pas mettre en place de mouvement de jeunes. Il nous semble en effet que chaque militant a son rôle à jouer dans les prises de décisions, et pas uniquement sur le terrain.

 

C'est ce qui explique que Benoît, évoqué dans cet article, soit co-secrétaire départemental du PG, que Mathieu en soit le trésorier, et que je fasse partie des quatre représentants du Doubs au Conseil national du Parti de Gauche. Je précise, pour ceux qui ne seraient pas très familiers avec le fonctionnement des partis politiques, que le CN est une assemblée de délégués issus de toute la France, qui détermine par le vote les orientations programmatiques et stratégiques d'un parti.

 

Je le mentionne juste pour montrer que le PG est l'une des rares formations politiques permettant aux jeunes, de façon très générale — et pas juste à une poignée d'ambitieux dont les dents rayent les parquets — de s'impliquer pleinement dans la vie de leur parti... Au Parti de Gauche, il y a un véritable mélange des générations. Et les moins de trente ans ne sont pas juste là pour donner à leur parti une "image jeune", ou effectuer les tâches manuelles. Ils contribuent à transformer la politique de l'intérieur, avec pour objectif de la mettre enfin au service de l'intérêt général.

 

Publié dans Politique, Besançon

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